Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 11:09

Au sortir de l'enfance, c'était la Libération. J'étais comme un ballon gonflable. A tel point rempli de méodies - celles que déversait ma mère, fontaine de mémoire les nigunim, chansons juives, polonaises, rengaines populaires multilingues - que si l'on m'avait secoué des notes à mon insu seraient tombées...De la chanson à la musique, il faut emprunter des passerelles, au-dessus des abîmes de non connaissance. Cde sont des amis de mon âge, des poètes pour la plupart, qui m'ont ouvert des sentiers neufs dans la forêt des sons organisés. L'un  d'exu fit de moi, sans peine, un adepte du jazz New Orleans, Armstrong, Bechet, Mezzrow, Big Bill Bronzy, des icônes qui peuplaient les églises de l'inconnu. Un autren sur un  tourne-disque, posaun jour une galette noire, autrement dit une lune de cire : on  n'en était pas encvore au vynile des microsillons. ce qui s'éleva, comme un ange ou un démon, pour m'emporter vers les cimes, c'était un quatuor de Beethoven, un des quatuors dit Razumovski, je crois. Je voulus aussitôt les entendre tous, puis les sonates, piano et violon, les symphonies. L'hypnose amoureuse alors subie ne m'a jamais quitté. Lire Romain Rolland me confirma l'empire beethovénien. Bien entendu, je ne me suis pas fixé sur ce premier coup de coeur. Bach, Purcell, Haendel, Haydn, Vivaldi, puis Mozart, Schubert, Chopin, ont tour à tour exercé sur moi leurs drogues mystérieuses. Et beaucoup d'autres, plus modernes, de Moussorgski, Tchaïkovski, jusqu'à Wagner, Debussy, Ravel, Dvorjak, Bartok, Chostakovitch : j'ai une prédilection pour la musique russe ! . Et puis Verdi, bien sûr, mon vertige vocal avec celui de Mozart. Je ne peux ni vivre ni respirer sans musique. Je ne parle pas d'une discothèque que je n'ai cessé de compléter, mais de ce qui hantge le souvenir comme ce qu'on  nomme un ciekl de traîne. Hérésie ; je travaille même en écoutant de la musique, sans considérer cela comme un bruit ou une toile de fond. Une ciculation dans l'air qui se poursuit dans la circulation des veines. Il est arrivé qu'un jour la musique est intervenue directement et soudainement dans mon travail de poésie. De jeunes compositeurs ( au Conservatoire national ) se sont inspirés de mon livre l'Opéra de

l'espace, pour des pièces symphoniques, y compris avec pour instrument l'accordéon. Un autre, Jacques Bernard, aujourd'hui disparu, a composé un quatuor d'anches avec récitant, à plusieurs reprises joué dans des festivals et sur France-Culture. Dans les années soixantet-dix, j'ai publié, chez Belfond, un cycle intitulé Table des éléments avec pour contrepoint la " sonate pour deux pianos et percussion " de Bela Bartok, qui m'avait accompagnée au cours de l'écriture de ce texte. Ma relation avec la musique ne se résume pas à de tels épisodes privilégiés.J'écoute partout, dans les mots, ce qui vibre, ce qui chante, ce qui résonne, ce qui fait indéfiniment écho à la pensée en marche. J'écris aussi bien en vers libres qu'en vers métriques, pas de dogmatisme en prosodie. Mon livre " La vie est un orchestre " ( Belfond ) qui me valut le prix Max Jacob en 1992, est presque entièrement en décasyllabes rimés. Et je viens de terminer, dans le même esprit, une chronique familiale et autobiographique,

" De ma mère, roman " qui est comme une suite de chansons populaires. Bientôt, en janvier 2011, va paraître chez Daniel Cohen " Ed. Orizons " en même temps qu'un  ensemble de nouvelles " Le bal des baleines ", un révit en vers " Je est un juif,

roman " qui s'attache, au delà de l'expérience personnelle, à l'histoire, à la judéité, à la Shoah, aux diverses diasporas, au

conflit israélo-palestinien, etc.  Dans tout cela règne la musique des mots qui rejoint celle des notes. Certes, je concois avec moins de certitude le projet de tresser sur un thème musical une séquence d'écriture. Ce qui ne m'ermpêche pas, dans un autre livre, à paraître, " Changer de base " de célébrer la musique non comme une chose  sacrée, mais une composante essentielle de mon existence : " L'orchestre secret du déluge/ à notre insu / resymphonise nuit et jour". Il y aurai  encore beaucoup à dire sur le rock, le rap, le slam, qui ne me sont pas indifférents. Mais ce sera pour uen autre fois !  Charles DOBZYNSKI, Décembre 2010.

 

 

 


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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 15:53
 1. A nous tous les devins de table !
    Donnez nous aujourd'hui notre sapin quotidien !
2. Que l'on nous rende nos masures
    pour y danser la mazurka !
3. Que l'on nous restitue nos troupeaux de moutons, de chez Rothschild
   ou de chez Duvernet !
4. Que l'on nous ramène nos ballons de foot éventrés, nos balances faussées, nos baleines blanches déchues de leur fonction !
5. A bas le secrétariat d'Etat au bétail
    à bas la commission des compromissions !
    à bas le ministère de l'évacuation nationale !
    à bas les bonus du matronat !
    à bas le partage du gâteau dans les banques !
6.  Rendez-nous nos amplis ! Rendez-nous nnos ampleurs ! Rendez-nous
     nos emplois !
7. Distribuez à tous vios dividendes, vos devises, vos placements, vos
    placers beaux !
8.  A bas le prophète de police ! A bas les Grand-Croix dans la légion des
    cimetières !
    à bas les décorés pour chute dans le décor  !
9.  Rendez-nous nos bouleaux, nos boulots, nos bowlings !
10.Que soient payés à plein tarif les heurts supplémentaires !
11. Plus bouquets, plus de banquets en l'honneur desd banqueroutes !
12. Que nos salaires soient indexés sur les hausses des marées et le retour des mascarets !
13. A bas le président de la Chambre à air !
      à bas le président du Sauna !
      à bas le chef d'état-Major des majorations !
14. Que nos retraites soient proportionnelles au P.I.B !
      Que l'usure de nos souliers soit défalquée des autoroutes !
 15. Que la T.V.A soit remplacée par une taxe sur les voleurs agités !
16. Que l'on cesse de nous mettre en quarantaine dès la cinquantaine
      dans nos survivances secondaires !
17. Grabataires de tous les pays, redressez-vous et occupez les alcôves
     capitonnées des hôtels du trésor public !
18. Lampadaires de toutes les rues et de toutes les religions, munissez-  
     vous de vos feux les plus vifs pour torcher l'avenir !
19.  Solitaires de toutes les déprimes, contaminés du renoncement,
      naufragés de la révolte, placez-vous sur vos rampes d'élancement
      et prenez d'assaut les citadelles de la peur !
20. Cassez la vitre d'où, virtuels, vous resurgirez vivants !

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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 15:49
Elle est venue, oui, elle est venue
venue dans le noir, venue dans le clair,
venue dans le clos et l'ouvert
aveugle, édentée,
l'ossature résumée à sa poussière,
couteaux aiguisés, l'âme pointée
pareille au canon du colt,
sa cartouchière emplie de détritus pulvérulents
du pus de la foudre
les orbites déliquescentes de la dernière lymphe
et du plasma d'une existence avortée,
elle est venue pour récolter son dû,
pour exiger son agio sur les rêves investis
dans la pourriture des terres
et les désirs depuis longtemps extradés
pour crimes de sang,
elle est venue pour insulter le pavillon du vivant,
pour cracher sur la beauté famélique,
pour emporter toute la fragilité du temps
entre ses griffes,
pour lacérer les peaux et les lettres
en hibernation dans la neige cérébrale
elle est venue, clapotante,
prémisse d'une inondation, d'un débordement
sans recours
de tout ce qui nous fait et nous défait.
Elle t'attendait dans un trou invisible du lit,
dans une impasse camouflée entre deux édifices
sur le manche d'une piocher décidée à abattre
le minerai des nuits,
elle est venue pour te démanteler, te démentir,
pour t'effacer d'un coup de patte,
pour changer ton état civil en état servile
des décimations, des éventrations,
en état létal de nature.
Elle est venue en robe de tous les soirs perdus
et déchirés par les fureurs de l'ouragan,
en robe de désespoir mille fois repassée
et qui conserve dans ses replis tous les remugles
et tous les tumultes du sang,
et toutes les distorsions de la pensée,
elle est venue pour t'arracher à toi-même,
à tes pétales, à tes fatalités dans les miroirs,
pour ne laisser qu'un faux-fuyant,
un fil pour recoudre à jamais les paroles
et les entailles des baisers... ( à suivre )

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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 15:34
PROVERBES

Coeur sans langue n'a pas d'yeux
*
L'esprit souffle où il pleut
*
l'homme est un réseau pensant de puces
*
la frontière à passer vous dépasse
*
le corbeau déteint se trempe dans la nuit
*
contremplez la certitude, ce miroir sans tain
*
La source n'a qu'un souci : rejoindre la foudre.
*
Le bûcheron n'abat pas les arbres, il leur coupe la parole
*
On n'aime éperdument que ce que l'on a toujours perdu
*
La lenteur a pour effet de vous grossir, c'est une lentille
*
Il faut obliger l'haleine à nous soulever au-dessus de nous-même
*
Se méfier  du téléphone sans fil : il embobine celui des voix
*
Ma maison est si ancienne qu'elle en perd la mémoire
*
On ouvre un livre et c'est un paravent qui se déploie
*
Dans la cloche du soir l'orage trouve un refuge
*
Certains arbres sont des pianos préparés
*
La fenêtre curieuse se penche sur son passé

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Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 15:57

La poésie depuis toujours du simple fait de son existence est l'objet bet le moteur d'une mise en question. Elle est l'âtre où se tisonne l'être, comme une braise incessante. Elle se retourne cent fois sur le lit de Procuste du langage. On attend d'elle tout un faisceau de réponses, mais ses réponses sont plutôt des étincelles à mettre le feu aux poudres de l'imagination que des salves contrôlées d'avenir.
Est-ce la poésie qui se meurt ou un certain type de civilisation qui l'admet qu'en marge, car elle est peu ou prou sa mauvaise conscience et son révélateur. Cette civilisation soumise à la marchandisation de toute chose ne supporte pas cet objet peu rentable et rebelle au règne de l'argent. la poésie est un  miroir qui gêne, fausse les cartes de la bien-pensance, un miroir qui accuse sa difformité et ses faux-semblants.
On assiste sans trop réagir au naufrage d'un Titanic : la culture. Ou du moins de sa conception réductrice. Naufrage des grands mots qui ne sont plus que des hublots et des valeurs privées de canots de sauvetage. Des dogmes meurtriers, des utopies avortées, des principes édulcorés participent à cet engloutissement. La poésie, en véritén ne saurait être ,vouée à l'uniformisation médiatisée, à la médiocrité informatisée et infantilisant(e. La poésie n'a de racine et de résonance que par la résistance de l'individualité et de véritable enjkeu que la recherche d'un sens et d'une vérité qu'elle contribue patiemment à élaborer, dans son dialogue avec l'invisible qu'elle parvient à rendre évident comme une encre seympathique.
La charge d'énergie des mots, il s'agit de la délivrer, de la diriger. C'est en nous que se poursuit leur fission. Leur fiction. D'où naît sans doute l'écriture, notre retombée, le papillon de notre chrysalide. Notre passage du miroir, cette traversée où l'homme apprend peut-être ce qu'il est et décèle ce qu'il devient.*
Charles Dobzynski


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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 11:43

40 années de littérature, de critique ( cinéma et livres) de journalisme, revues et  hebdomadaires. Je suis né à l'étranger ( Pologne ) mais j'ai toujours vécu en France. Poésie, plus d'une quarantaine de titres, dont La scène primitive ( ed. de la Différence) l'Académie Goncourt  m'a decerné en 2006  sa Bourse de poésir pour toute mon oeuvre. Dernière en date : "La surprise du lieu " récits ( ed. de la  Différence. ) autres titres : L'Escalier des questions et Le réel d'à côté ( L'Amourier )  Corps à réinventer et La scène primitive ( Ed. de la
Différence)  Nouvelles de science-fiction  : le Commerce des mondes ,  1986, grand prix de la s cience-fiction française.


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